Archive pour la catégorie ‘ Superficialisme ’

Démonstration de l’intelligence

Je peux comprendre qu’un petit enfant pleure s’il tombe.
Je peux comprendre qu’une mère soit heureuse quand son fils revient de guerre.
Je peux même comprendre qu’un vieillard n’aime pas marcher dans un cimetière.
Mais je ne peux pas comprendre vos mathématiques…
Est-ce que ça veut dire que je ne suis pas intelligent?

C’était à la fin juin 1997. J’étais dans le gymnase du collège, entouré des futurs finissants de 5e secondaire, pour les examens de fin d’année. Il faisait chaud et je me faisais chier devant mon test de Mathématiques 536. Comme pour confirmer le sentiment général qui m’envahissait les mois d’avant, j’étais penché sur des problèmes auxquels je ne comprenais toujours rien. Je voyais les autres collègues taponner sur leur calculatrice, l’air concentré. Alors de temps en temps je prenais la mienne, pour faire comme si, et je taponnais dessus.

Mon plus grand calcul de cette séance d’examen fut d’ailleurs le mot SOLEIL écrit à l’envers, en chiffres. 713705. Puis je prenais mon crayon et je me grattais la tête pour avoir l’air songeur. La vérité était que j’étais mort de trouille. De trouille et de honte, à l’idée de couler un premier examen final à vie. Sauf pour l’éducation physique, j’avais toujours su me tenir dans la moyenne haute (ou tout le moins la moyenne générale) au long de mes études.

À 20 minutes de la fin du test, j’ai pris mon crayon et suis allé à la dernière page de l’examen, sarcastiquement titrée « démonstration ». Elle servait à obtenir quelques points de sauvetage, lorsque la réponse à une question était mauvaise, mais que la réflexion avait un certain sens.

Puis j’ai écrit les cinq phrases citées au début de ce billet. J’ai rangé mes choses, me suis levé, ai remis ma copie, puis suis sorti le premier.

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On vient de terminer la 4e saison de la série Six Feet Under (en français plutôt, donc Six pieds sous terre). D’entrée de jeu, je dirai que je la trouve inégale. Il y a des épisodes qui sont de véritables bijoux et qui vous font monter les larmes aux yeux. D’autres, plus ordinaires (sans nécessairement être mauvais), qui tentent de ressasser malhabilement de vieux débats familiaux ou éthiques. Mais l’inégalité de la série s’explique largement du fait que les divers épisodes s’échangent les réalisateurs (11 différents) et les scénaristes (11 également).

Quoiqu’il en soit, j’aimais bien les premiers épisodes. Axée sur une famille dysfonctionnelle, il n’en demeure pas moins que les personnages étaient attachants et les mises en situations suscitaient des réflexions. Je dis bien étaient, car la fin de la 4e saison a commencé à me les gonfler solide.

Attention: spoilers! Si vous n’avez pas vu la série, soyez avisés que la dissection qui suit peut vous révéler des détails…

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Restez au lit

J’en parlais il y a environ six mois dans ce quatuor de citations. Six mois plus tard, l’auteur de la citation, lui, en parle dans son blogue aujourd’hui. Et avec raison…

C’est fait. Ils annoncent sur les voitures de police.

Baby, don’t get out out of bed
Just lay back down your pretty head
They’re advertising on police cars

- Matthew Good

J’ai trouvé les coupables!

De la même façon que chaque blogue a son public, chaque moteur de recherche semble aussi avoir le sien! J’ai longtemps été découragé par l’utilisation étrange de mots-clés suspects, que j’attribuais sans distinction au même moteur.

Fort heureusement, l’ajout de Google Analytics m’a permis de cibler le « mauvais » public.

Ainsi, si vous êtes arrivé sur ce blogue par une recherche sur MSN, vous risquez d’être horriblement déçu. En effet, l’indexation semble mieux réussir à  Google, et une recherche sur ce moteur semble intuitivement meilleure.

Voici quelques exemples, après un peu plus d’une vingtaine de jours d’utilisation, de ce qui en ressort:

–MSN–

deepthroat
tomber en amour avec fuckfriend
fille sexe nu
accouplement sexuel avis
femme piege sexe
belle jouissance de femme

–Google–

il était une fois des gens heureux
speak white speak what
peintre colville
dejeuner du matin paroles
citations
du soleil plein la tête

J’ai évidemment sélectionné un peu subjectivement les termes les plus marquants, mais ils ont bel et bien été pris parmis les 25 premiers mots-clés les plus populaires pour chaque moteur. Étrangement, les mots-clés de l’un ne se retrouvent pas dans l’autre.

Est-ce le public ou le mode d’indexation qui diffère beaucoup d’un moteur à  l’autre? Peu importe, dans les deux cas si vous venez de MSN, on risque de ne pas s’entendre vous et moi!

Panem circensensque

Colibri butinant une chute de reins

La plus grande erreur sur ce blogue aura aussi été la plus frustrante, et la plus longue. Elle arriva par hasard, sans savoir, telle une nuée d’insectes grimpants. Je l’ai commise originellement à  la mi-juillet dernier. J’avais rechuté environ trente jours plus tard. Et en bel imbécile, je m’apprête peut-être ce soir à  la perpétuer.

Quatre mois après le tragique billet, vous avez encore été 18 depuis le début de ce mois-ci à  frapper à  cette porte en croyant entrer dans l’antre du tatouage. 24 le mois dernier. C’est peu direz-vous. C’est trop à  mon goût! Il y a quelque chose de décourageant à  constater que les amours malheureux d’Aragon vous laisse de glace comparé à  la vue d’un colibri qui butine une chute de reins. Que la planète imaginaire de Vigneault ne fait pas le poids et s’écrase devant un Colt.45 sur l’avant-bras, ou que le complot de départ de deux enfants -tant réels que fictifs- ait été eclipsé par l’éclatante importance d’une feuille de cannabis sur la hanche.

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Avaliser le favoritisme

Ça faisait un bout de temps que je n’avais rien écrit dans la catégorie Superficialisme. Eh bien après plusieurs semaines, quelque chose m’a fait devenir bleu. Vous saviez peut-être déjà  mon opinion sur le pourboire, que j’appelle affectueusement la Taxe de la Pitié.

Sur le blogue du Barman, il y a une discussion envenimée sur le pourboire suite à  ce petit code de conduite dans les bars. Vous pouvez accéder aux commentaires directement ici. Grosso-modo, ce petit guide fait bien du sens, honnêtement. Sauf pour un petit extrait, que je recopie ici:

Oui vous avez soif, oui ça fait longtemps que vous attendez et oui, je suis tout de suite allé servir la grande blonde dès qu’elle a posé les coudes sur mon bar. Ce que vous ne savez pas, c’est que la grande blonde vient chaque semaine avec ses amies, remplir mes poches de pourboire. Pas vous, sinon, vous auriez déjà  un verre à  la main.

Que ce soit clair: j’adore la prose de ce bloggueur, et j’aime aussi souvent ses textes (même si le monde et les principes dans lesquels il évolue sont très différents des miens). Par contre ici, je trouve qu’il institutionnalise carrément le favoritisme. Après la médecine à  deux vitesses, voici venu le temps des bars à  deux vitesses.

Dans ce type de commerce, ça n’est plus sers-moi si tu veux mon argent mais plutôt tippe-moi si tu veux mon service. Dans le triangle « client-argent-service », la pointe n’est pas la même pour tout le monde, et c’est un peu triste.

Je m’en doutais depuis un bout de temps. Ça m’a toujours pué au nez, mais je pensais que c’était dans ma tête seulement. Voici que la chose est désormais confirmée.

« …jamais je ne vais croire qu’on n’est pas capable de faire ça! »

Marre d’entendre cette expression. Saturé. La phrase passe-partout qui sert à  avouer en fait qu’on est dépassé par la situation et que, du coup, submergé, on s’en déresponsabilise. La phrase tellement réductrice qu’elle en devient insultante. L’art de stimuler par l’injure. Le prochain qui me la sort, je crève ses pneus et je brûle son chat! Voici enfin ma réponse, étudiée, calme, réfléchie:

  1. « On » exclut la personne qui parle; faudrait commencer par y aller toi-même avant de t’octroyer le crédit d’autrui.
  2. Attribuer à  un problème contemporain la solution passée d’un problème désuet avec des moyens révolus tient de la mauvaise foi et démontre en fait une déconnexion flagrante avec la réalité actuelle.
  3. Supposer que -justement- je ne suis pas déjà  passé y faire un détour, par la Lune, pour y chercher la solution avant d’aller te voir est très infantilisant.
  4. Le problème de la Lune étant résolu (merci du rappel) s’il était maintenant question du problème de Mars, qui nous concerne aujourd’hui? Pourquoi n’y sommes-nous pas encore allé? Eh bien, forcément:
    1. Par manque d’argent
    2. Par lacune technologique
    3. Par manque de temps
    4. Par manque de compétence, chose attendue dans une situation nouvelle et inusité
  5. Parlant de la Lune, ça doit faire presque quarante ans que nous n’y sommes pas allés. Dis, tu me ferais plaisir d’y retourner en orbite pendant que je cherche un soutien plus… Terre-à -terre?

Ouf! Je me sens déjà  mieux. Pas que je l’avais entendue récemment, mais ça me chicotait depuis un bail! Et le précédent billet avec la citation d’Einstein me l’avait rappelé!

Quand je regarde ma génération, j’ai parfois cette impression honteuse d’être un vieillard au mileu d’une bande de nourrissons. Ai-je vieilli trop vite ou sont-ce plutôt mes collègues qui ont oublié de quitter la garderie? Sachant parfaitement que la première réponse est sûrement la bonne (la majorité dicte obligatoirement l’exception), j’ai tout de même envie de revêtir mon vieux bérêt d’ancien combattant et de mâchonner entre mes gencives édentées quelques insanités fossilisées.

Faites gaffe, ça risque de sentir l’ail et la mélasse. J’ai une irrésistible envie d’exagérer. Désolé, les freins de ma marchette sont brisés et il se dessine une pente dangereusement abrupte devant moi. Mes jointures arthritiques se crispent. Mais qu’est-ce que… Ça y est, je glisse…

Une bande de nourrisons, j’ai dit. D’abord, on les reconnaît au fait qu’ils portent un minimum de linge sur eux, probablement afin de montrer un corps lisse avec le moins de poil possible. C’est un standard. Ensuite, ça gueule encore pour avoir un boire à  toutes les bordel d’heures, mais le biberon a été troqué pour les shooters. Ça transmute le hochet par ces foutus bracelets de silicone ou les oreillettes Bluetooth (tant que c’est coloré ou que ça fait du bruit). Ça se réveille en sursaut à  minuit, déterminé à  quémander la tétée jusqu’aux aurores s’il le faut. Le filet de bave qui s’étire, ça cherche son ourson préféré -non, pas lui; non, pas lui non plus- parce que ça a peur toute seule dans le noir.

Encore trop innocents du monde qui les entoure pour savoir que n’importe quel mammifère digne de ce nom s’endort quand le soleil se couche et se réveille quand il se lève. Pas l’inverse! La seule berceuse qui puisse peut-être commencer à  les endormir commence par « Last Call! » et se termine avec les premiers gazouillis d’oiseaux.

Encore plus mélangés que ça, leur parade nuptiale dans une saison des amours qui n’en finit plus de s’éterniser est à  l’envers: ce ne sont pas les mâles qui sont les plus colorés mais plutôt les femelles qui, torse devant, arborent les brillants et les paillettes. Mais c’est déjà  un autre sujet.

Bon ok, je vous avais dit que j’exagérerais! Le truc c’est que -comme pour toute colère- il y a un fond de frustration peut-être. Frustration de se lever à  8h un samedi matin et de ne pouvoir intéragir avec aucun ami car ils dorment tous jusqu’à  13h. Frustration de voir que, même sur une place aussi vaste que le Web, à  8h un samedi matin, y’a que les crawlers et le Googlebot qui soient réveillés.

Alors pour une description plus neutre du phénomène, je vous conseille plutôt ce texte qui m’a d’abord été rapporté par Martin, un collègue et qui s’intitule C’est la vie! – Comment rater le virage adulte.

Néanmoins, à  partir de quel âge un être humain normal doit commencer à  faire ses nuits? ;-)

Il n’y a pas de journalisme sportif

Il n’y a que des commentateurs, faut croire. En fait, j’en ai un peu marre de la couverture médiatique qui est faite dans ce domaine. L’envie d’écrire des noms me brûle le clavier, mais je ne le ferai pas, ne serait-ce que pour respecter l’idéologie de la première citation de mon dernier billet.

Que ce soit après une course de F1, après un match des Alouettes ou -surtout- après une partie de hockey, les « journalistes » sportif s’en donnent à coeur joie en y allant de commentaires personnels, absolument subjectifs et presque pas informatifs. À la télé comme à la radio ou dans les journaux. Pas tous. Mais la majorité, assurément.

Exemple fictif:

Alors XYZ s’est encore blessé au genou ce soir suite à une mise en échec… Pas trop solide sur ses patins, ça fait déjà trois fois cette saison qu’il s’écrase sur la glace pour presque rien… Surtout qu’il gagne le deuxième plus gros salaire de l’équipe, faudrait qu’il soit près à encaisser davantage que ça! S’il ne fait pas le boulot, le directeur de l’équipe XYZ devra penser sérieusement à l’échanger ou pourquoi pas, le retourner directement dans les rangs mineurs!

Vous serez d’accord avec moi: c’est à peine exagéré. Ce n’est pas une discussion de taverne que j’ai retranscrite mais bien un commentaire d’un journaliste sportif imaginaire de la façon la plus commune possible. Le professionnalisme dans ce domaine est presqu’inexistant quand vient le temps de rapporter la nouvelle. Ce qu’on veut, ce sont les faits saillants, le pointage final et le lieu du prochain match. Quelqu’un est blessé? Tout ce qu’on veut savoir c’est si c’est grave et quand revient-il au jeu. Pour ta petite idée sur la façon de motiver le deuxième trio, Bobby, on repassera. Ton opinion sur la décision de l’arbitre, Timmy, n’intéresse même pas ton petit frère. Rapporte la nouvelle. Soit professionnel. Point. Lire la suite…

Joint? Non.

Je pourrais commencer ce billet en disant que les seules drogues que j’ai prises dans ma vie sont l’alcool, le sucre et le cacao! Mais ce serait un désaveu un peu trop fallacieux.

Je lancerai donc directement avec un brin de courage que je n’ai jamais fumé de joint de ma vie. Je dis courage parce qu’il en faut ici, lorsque je parle peut-être (après la poutine et la bière) d’un de critères d’identité les plus répandus chez les jeunes québécois. S’abstenir de prendre du pot, c’est non seulement prouver qu’on est définitivement attardé (ce qui ne me dérange pas vraiment), mais peut-être aussi nier sa propre culture (sans jeu de mots).

Ceci étant dit, il n’y a pas beaucoup de choses à  ajouter. Le fait de répondre « non » quand je me fais gentiment offrir une puff le prouve: ça cause un malaise, un silence palpable! Comme si je venais de déclarer que je suis puceau et que je m’en fous.

Je parlerai donc plutôt de la difficulté à  dire non dans ces cas-là . Ou plus précisément, de la difficulté à  dire seulement non. Même si pourtant la vraie raison ne tient qu’à  ce seul mot. Lire la suite…

Vous aurez peine à  le croire et la révélation sera brutale, mais oui, j’ai des défauts. Des petits, vous vous en douterez… ;)

Je suis un joueur occasionnel. J’adore particulièrement la roulette anglaise. Je suis littéralement passionné de statistiques et de probabilités, ce qui peut être étrange car je déteste pourtant les mathématiques. Je fais une visite au Casino quelques fois par année, disons au moins six ou sept fois. J’y joue chaque fois entre 50$ et 100$. Et je gagne parfois, assez pour ressortir avec davantage que j’y suis entré! De toutes façons, comme la plupart des joueurs, je n’y vais pas bêtement en pensant gagner le million, mais simplement pour m’amuser. Taquiner la chance. Une certaine forme d’agoraphobie m’empêche d’y aller plus souvent, et bien sûr, la raison. Eh oui! On peut franchir les portes d’un Casino sans être un accro fini, et en ressortir avec un porte-feuille pas trop déchiré.

100$, c’est beaucoup direz-vous! Combien coûtent vos consommations au bar le vendredi soir? Combien a coûté votre troisième paire de chaussure la semaine passée? Combien coûtent vos cigarettes chaque mois? La perte d’argent dans une activité se mesure au plaisir qu’on en retire, à  mon sens. On peut rester assis chez soi devant la fenêtre et compter si les voitures bleues qui vont vers l’est sont plus nombreuses que les rouges qui vont vers l’ouest. Ou bien on peut sortir pour se distraire et… payer. Lire la suite…

Satané sac à  main

L’été passé, j’en avais marre d’arborer un gros derrière. Pas seulement parce que j’avais 25 livres de plus qu’aujourd’hui, mais surtout parce que mes poches débordaient de partout: portefeuille, Pocket Pc, clés, monnaie métallique, clé USB, gomme… Des trucs plus ou moins utiles quand on y pense, mais qui restent somme toute pratiques, voir nécessaires, pour le quotidien du jeune geek urbain typique.

Salivant à  l’idée de changer de sexe pour pouvoir enfin régler mon problème en portant une sacoche, j’avais eu l’idée douteuse de me procurer un étui pour appareil photo, afin d’y mettre tout ce qui gênait mon tour de taille entre deux bourrelets. Un noir, pas trop gros, pas trop petit. J’eusse souhaité que les Superficialistes de mon entourage aient pu accepter ma nouvelle acquisition sans trop se moquer. Mais non. Comme il se sont trop marrés, j’ai cessé de l’amener au bureau au bout de quelques semaines, croulant sous les huées, cédant à  la risée, je n’étais plus que loque meurtrie de moqueries. Lire la suite…