Archive pour la catégorie ‘ Grincheux ’

OK… la récupération partisane et les raccourcis intellectuels sur le drame de Lac-Mégantic, est-ce qu’on peut terminer ça?

Si on réduit ça à la plus simple constante: tout accident qui n’est pas de provenance naturelle ou animale *EST* causée par l’homme.

Maintenant, tricoter des responsabilités/accusations en slalom dans un fatalisme démagogique sur les habitudes de consommation de tel ou tel groupe d’individus m’horripile. C’est se bâtir du capital sur le dos d’une tragédie, alors que les esprits sont à vif.

Mener ce débat si tôt après (pendant!) la tragédie me semble un manque de respect total.

Je ne tomberai pas dans le panneau de ceux que je dénonce, mais des tas d’exemples et de contre-argumentation me viennent en tête pour contrer la mauvaise foi ambiante. Je me retiendrai cependant.

Concentrons-nous sur l’aspect humain dans ce drame -qui demeure un accident- et mettons donc en sourdine nos labyrinthes boiteux de cause à effet SVP.

Ou attendons au moins quelques semaines.

D’accord?

La question est dans le titre…

Non, ce n’est pas seulement parce que même en gaspillant 2 heures par jour dans le trafic, l’automobile reste encore plus rapide que les transferts de lignes, les retards et les attentes en gares…

Ce n’est pas non plus à cause de la poudre aux yeux des stationnements incitatifs, déjà pleins dès le premier départ le matin (ou de l’insultante offre de trains remplis dès la toute première station)…

Oublions aussi le fait que -pour certaines lignes de banlieues du moins- les rails étant loués de compagnies telles que le CN, les caisses de céréales et les boîtes de corned-beef passent avant les travailleurs…

Rien à voir non plus avec le fait, mineur, que les horaires de transports en commun ne répondent qu’à la majorité du 8 à 5, en semaine…

Passons enfin sous silence l’élémentarité du confort et de l’intimité qui, pour la gloire d’une feuille verte, sont banalisés au point d’être relégués à un luxe cupide et frivole.

Quant à tout ce débat sur l’étalement urbain qui, si on était un tant soit peu susceptible, nous insulterait aussi vachement que légitimement de voir sa ville (avec une histoire de plus de 250 ans et une bataille des Patriotes en banque) incluse comme une simple tentacule-dortoire de la pieuvre Montréalaise…

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Si Stephen Harper n’a répondu qu’à 4 ou 5 questions par jour lors de sa dernière campagne électorale, il fait bien piètre figure « paternelle » envers son bon peuple…

Parce qu’une vraie figure d’autorité, un vrai « parent », ça doit répondre de tout, et surtout… à tout.

Petit exercice fait cet avant-midi, avec ma conjointe : à partir de 8h du matin, nous avions rempli une de nos poches de monnaie… chaque fois que notre garçon de 3 ans nous posait une question, nous mettions une pièce dans l’autre poche. Autant en promenade en poussette qu’en jouant dans le sous-sol, nous pouvions facilement et rapidement tenir le compte de l’incessant interrogatoire infantile.

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Mais ça sera pas long, j’vais m’tanner pis j’vais y aller
J’vais mettre des X partout à côté de chaque nom pour qu’y comprennent
[...] Parce que j’ai compris que le droit de voter
C’est aussi le droit de chialer

- Vilain Pingouin, Le droit de chiâler

Dimanche dernier à Tout le monde en parle était invité Jean-François Mercier pour sa candidature aux élections fédérales. Depuis sont passage à l’émission, les Jocelyne Cazin de ce monde, tant à la télé qu’à la radio, s’en sont donné à coeur joie sur le compte de la supposée bêtise, immaturité ou manque de respect qu’une telle candidature provoquait et du message négatif que cela envoyait aux jeunes (public cible de l’humoriste).

Quant à moi, c’est plutôt la mémoire un peu trop courte (le Parti Rhinocéros n’était pourtant pas une création de Mercier) et surtout, l’attitude un peu pincée de ses détracteurs que je trouve franchement plus repoussante que sa candidature elle-même dans l’échelle déjà subjective des propensions politiques.

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Les vices d’autrefois sont devenus les moeurs d’aujourd’hui.
- Sénèque

Ce que les hommes appellent civilisation,
c’est l’état actuel des moeurs
et ce qu’ils appellent barbarie,
ce sont les états antérieurs.

- Anatole France

En 1955 paraissait un article tout ce qu’il y a de plus normal pour l’époque. Les mœurs culturelles et sociales d’alors n’alarmaient personne face à l’atrocité qu’aujourd’hui, quelques décennies plus tard, nous parvenons à déceler dans ces lignes. Pourtant, ce sont les mêmes mots…

Je lisais hier un article dans un journal local sur la thématique de la St-Valentin. Entre autre, on y mentionne (en 2011) que l’homme doit faire son possible pour se taire et simplement, écouter sa conjointe. Drôle d’écho, non!?

Il y a à peine 4 mois, je discutais justement du rôle de l’homme blanc nord-américain dans la pub.

Mais dans son propre couple, dans l’intimité de son foyer, quel est son rôle? Voici une partie du nouveau Guide 2011 du parfait petit conjoint révélé…

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Les Antéschistes

Depuis quelques mois au Québec, le consensus (cette aliénation joyeuse, selon Bothorel) lève son bouclier contre le Gaz de schiste. Telle une mode, une hype, il est devenu de bon ton d’être anti-schiste, ou à tout le moins, pro-moratoire sur son exploitation.

Le mouvement de masse est si gros, si partial, si unanime que même sans avoir soi-même pris la peine de s’informer sur le sujet, il est tout indiqué de se proclamer « Antéschiste ». Après tout, si Roy Dupuis, Anne Dorval ou Luc Picard font la moue en gros plan, alors pourquoi ne pas adopter instantanément leur propos, sans chercher plus loin? Après le visionnement, on n’a plus du tout envie d’être sceptique, encore moins critique, sur la position qu’il faut adopter. Ils le disent fort et ils le disent à plusieurs. Wo! On s’inhibe donc la raison et on cède à l’émotion. Pour ceux qui n’auraient pas d’écouteurs, on a même ajouté un verre d’eau pas beau pour bien illustrer le propos. Y’a des bulles et ça brûle. Compris maintenant?

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Article 0 de la Loi sur l’amour

Cet après-midi, la Cour d’appel du Québec a littéralement invalidé l’article 585 du Code civil du Québec dans l’affaire « Lola contre Éric » (noms fictifs pour protéger l’anonymat des enfants). C’est une victoire dans certains cas, mais en général, c’est une perte de liberté énorme pour 34,6% des couples du Québec.

C’est vouloir tuer une mouche en se servant d’un calibre 12. Allons voir en profondeur ce que signifie réellement ce jugement, qu’on pourrait croire bénéfique si sa portée ne brimait pas en parallèle une importante liberté.

Quel était cet article 585 justement? Il stipulait que:

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La synecdoque des éminences grises

À la petite école, dès les premières années, on confronte les jeunes à des problèmes simples. Par exemple: Au camp de vacances des Petits Tapageurs, 15 amis ont fait du canot et de l’escalade. Sachant que 7 d’entre eux se sont abstenus pour raisons religieuses, et puisque 4 amis ont fait uniquement du canot et que 2 amis ont fait uniquement de l’escalade, combien ont fait les deux activités?

Ce sont des problèmes de logique et de déduction élémentaires. Un diagramme de Venn donne rapidement la réponse.

Dans l’analyse des « récentes » actualités sur les accidents de la route causés par la vitesse chez les jeunes, ce type de réflexion semble avoir été mise de côté par les éditorialistes du dimanche et autres dompteurs de foule.

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L’enfer est pavé de bonnes intentions
- proverbe

C’est l’histoire un peu tragique de la compagnie qui a inventé la poubelle sous l’évier de la cuisine. Puis qui, emballée, s’est mise à en installer une seconde près du comptoir, afin de marcher moins loin. Puis, sous chaque chaise pour ne plus devoir se lever du tout.

Il paraît que ça existe depuis un petit moment déjà, mais je n’en ai eu connaissance qu’aujourd’hui grâce à un collègue de travail.

Ça m’a fait tomber en bas de ma chaise. Non pas par jubilation, mais plutôt par découragement. La quintessence de l’exagération venait d’être atteinte. Le manque de patience de l’internaute, ce grand bébé gâté aux besoins jamais comblés, qui refuse d’attendre, de cliquer ou de taper au clavier (bientôt, il refusera de lire par lui-même) venait d’enfanter de nouveaux excès. Telle la grenouille de l’allégorie, j’ai senti qu’il fallait prendre un moment de recul. Qu’il fallait hocher la tête et se dire: D’accord, ça suffit… Là, c’est trop.

Après sa contribution indirecte à la déconfiture de notre langue, Google fait encore des ravages insidieux avec son Google Instant.

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La portée de l’ignorance

Avant de juger son frère
il faut avoir marché plusieurs lunes dans ses souliers.

- Proverbe amérindien

Bordel, non mais avez-vous fini de vous outrez de la vidéo de la fille qui noie des chiots??? Les réseaux sociaux à la Facebook et Twitter sont remplis de messages carrément haineux; une Fatwa s’organise pour retrouver la campagnarde du vidéo, l’éplucher au blowtorch et mettre du sel sur ses plaies pendant 40 jours, ou je ne sais quoi encore!

Il n’y a rien d’exceptionnel ou de nouveau là-dedans. En zone rurale, c’est fréquent; les gens noient des portées à la pelle. Sortez du Plateau un peu…

La gestation d’une chatte dure seulement 60 jours environ, et donne en moyenne de 4 à 5 chatons, parfois jusqu’à 8! Selon la race, c’est la même chose pour une portée de chienne. Faites le calcul et ça devient vite exponentiel dans votre jardin…

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L’avocat du diable

Le Diable se cache dans les détails

- proverbe

A partir du moment où l’éducation doit servir surtout à former les « ressources humaines » qualifiées et flexibles dont les entreprises ont besoin, la logique marchande et financière du capital privé n’a pas tardé à s’imposer, de plus en plus de manière directe, dans la définition des finalités et des priorités de l’éducation.

- Ricardo Petrella, L’Education, victime de cinq pièges

J’ai lu ce billet-ci de Daniel Rondeau à sa publication, il y a de ça près de 4 mois. Depuis, il me hante. Principalement parce que je suis mitigé face à cette aventure. Une partie de moi bouillait de rage à la lecture de ce récit, sans pouvoir trouver la cause exacte. Une autre partie de moi, évidemment, penchait pour la défense du professeur. Ce soir, je crois pouvoir mettre le doigt sur le bobo.

Je dirai d’entrée de jeu que je suis un grand fanatique du blogue de Daniel Rondeau; c’est d’ailleurs parce que je l’avais ajouté à mon Google Reader que je pouvais lire ses billets au moment de leur publication. Cependant, je me permettrai ici d’être l’avocat du diable en partie parce que, bien qu’étant sur le marché du travail depuis plus de sept ans, je suis une mouture relativement récente des affres du CÉGEP et je me suis senti interpellé.

Je me permettrai aussi d’ajouter mon grain de sel à cette histoire car, tout en ayant déjà fait preuve d’humilité face à la langue française, j’ai aussi livré quelques batailles pour la Cause. En tout temps lorsque je rédige un billet, j’ai d’ailleurs ces trois fenêtres ouvertes.

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Pour ceux qui ne le savent pas encore, l’Habitant que vous lisez ici est principalement deux choses. Un gars d’ordi… et un grincheux fondamental. Ce billet comportera ces deux caractéristiques.

Donc voilà, « gars d’ordi » c’est pour le commun des mortels. Officiellement, mon diplôme est celui d’Intégrateur Web. Lorsque je suis sorti de l’école en 2003, je faisais partie de l’un des tout premiers groupes de diplômés de ce domaine. J’ai donc vu la majeure partie de l’évolution du développement et des langages des sites web (je créais mes premières pages dès 1997).

J’ai découvert un peu en retard l’enquête salariale 2008 sur le site de TECHNOCompétences. Cette étude fait directement écho à la version 2006. Ce qui m’a jeté par terre a d’abord été le fait de voir que l’Intégrateur Web avait vu son salaire moyen faire un bond de 10,000$ (ou 25%) par rapport à 2006. Ce qui m’a ensuite le plus surpris était de voir que, pour la première fois, l’Intégrateur Web gagnait davantage en 2008 qu’un programmeur! (et même à quelques petites centaines de dollars seulement d’un programmeur-analyste).

EDIT [10 février 2011]: l’enquête 2010 révèle quant à elle un bond de 4,500$ (ou 9%) par rapport à 2008, donc de 14,500$ par rapport à 2006. Même si le pourcentage semble moins impressionnant, l’Intégrateur Web talonne toujours d’aussi près (1,200$ par an seulement de différence) le programmeur-analyste intermédiaire.

Eh bien j’ai ruminé sur le sujet, et si vous me laissez le temps de mettre mon dentier, je vous ferai part de mes humbles conclusions…

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