Archive pour la catégorie ‘ Films ’

Regarder défiler le temps

Mon grand-père maternel est décédé centenaire, il y a de ça quelques années. Encore en forme, il soulevait des poids, faisait des push-ups et même du vélo!

Je me souviens des visites hebdomadaires que nous lui faisions… Malgré sa grande santé physique et mentale, sa mémoire phénoménale et son sens de l’humour… j’avais un malaise indéfinissable face à lui. J’en étais évidemment fier, mais sans savoir exactement pourquoi, toujours un peu triste pour lui aussi.

Alors que j’aurais dû le prendre comme modèle de longévité, profiter de ses souvenirs toujours vifs… une part de moi que je ne savais définir à l’époque était mélancolique à sa vue, distant.

J’entre ici de pleins pieds dans les jugements de valeurs mais… j’ai compris plus tard que ce malaise était causé par son type d’existence: une non-existence en fait. Pour moi, la vie est un don du moment qu’on a encore des projets. Chaque jour est un billet de banque que l’on doit investir, faire fructifier… dépenser. Et bien qu’étant sûrement confortable, je n’ai jamais défini la routine comme un projet.

De mon regard d’adolescent à l’époque, tout ce que je voyais de mon grand-père durant la dernière décennie de sa vie (sinon plus) n’était qu’une routine qui, bien qu’exceptionnelle pour son âge, n’en demeurait pas moins ennuyante, stable, sans nouveautés…

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Bien qu’étant somme toute ordinaire, le film A Civil Action avec John Travolta possède l’une des meilleures finales, à mon sens. Percutante même: littéralement un coup de poing dans les valeurs morales.

Pour faire une histoire courte de ce fait vécu: Travolta y joue le rôle de l’avocat ayant représenté les familles d’une ville du Massachusetts dont l’eau était contaminé au trichloréthylène, et qui causa la mort par Leucémie de plusieurs enfants. Le procès s’étire et croule sous le poids des grandes compagnies responsables de ces déversements chimiques. En fin de compte, une entente survient mais ruine totalement le personnage joué par Travolta, qui ne retire aucun honoraire.

La dernière scène le montre devant une juge qui évalue (je présume) son inévitable faillite. Voici la scène:
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Commencer quelque part

little children

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Dans ses rêves les plus fous, Larry n’aurait jamais imaginé se trouver à  nouveaux dans cette situation, alors que les minutes comptent. Cette nuit, il pourrait sauver une vie.

Il savait que Ronnie avait fait le mal dans le passé. Mais lui aussi. On ne pouvait pas changer le passé. Mais l’avenir pourrait être différent.

Et il fallait commencer quelque part.

- Narrateur, Little Children.

À la croisée des chemins

Parfum de femme (ou Scent of a Woman) est l’un de mes cinq films favoris. J’avais déjà  retranscris ici même sur ce blogue le dialogue de la scène du revolver, voici maintenant le dialogue de la toute fin du film…

Je vous conseille ce film, évidemment!

Attention! *Spoilers*!

Mise en contexte : suite à  un acte de vandalisme sur la voiture du directeur de l’école (M. Trask) par 3 élèves, les étudiants sont tous convoqués en assemblée générale. Charlie Simms (Chris O’Donnell) a vu les coupables mais préfère les épargner, alors que George Willis (Philip Seymour Hoffman) vient juste de les dénoncer. Frank Slade (Al Pacino) est un Lieutenant Colonel aveugle auquel Charlie vient de servir de guide pour Thanksgiving.

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Je choisis la vie

Trainspotting est selon moi un film assez drôle mais très triste aussi. Surtout très songé. Un peu comme son successeur Requiem for a Dream l’a fait, Trainspotting trace un parallèle entre la dépendance à  la drogue et les autres formes de dépendance, comme la société de consommation, entre autre.

Doit-on être content pour Renton ou triste pour lui à  la fin? Je n’ai jamais sû. Socialement, certaines dépendances sont plus acceptables que d’autres…

Pourquoi j’avais fait ça?

J’avais des tas d’explications, toutes fausses. La vérité c’est que je suis un sale type. Mais ça va changer. Je vais changer. Tout ça est bien fini. Désormais je suis clean. J’avance dans le droit chemin; je choisis la vie. J’en jubile à  l’avance… je vais devenir comme vous:

Le boulot, la famille, la super-téloche, la machine à  laver, la bagnole, la platine laser et l’ouvre-boîte électrique, la santé, le cholestérol, une bonne mutuelle, les traites, la baraque, le survêt’, les valises, les costards trois-pièces, le bricolage, les jeux télé, le McDo, les mômes, les balades en forêt, le golf, laver la voiture, tout un choix de pulls, les Noà«l en famille, les plans d’épargne, les abatements fiscaux, déboucher l’évier…

S’en sortir.

Voir venir…
Le jour de sa mort.

- Mark Renton, Ferrovipathes.

Ratopolis

Ratopolis

Ratopolis est un documentaire que j’avais vu en secondaire 4, dans le cours de biologie ou un truc du genre. Il m’avait marqué.

Il s’agit d’une expérience menée au début des années 1970 qui ne pourrait probablement plus être menée de nos jours (SPCA oblige). Des rats sont placés dans une vaste cage -semblable à  une tour à  bureau- avec de la nourriture abondante, de l’eau et des endroits pour dormir et faire des nids. Tout est parfait. Sauf la surpopulation et la proximité. Ça donne à  réfléchir!

Je discutais de certaines réactions humaines et modes de vie de plus en plus fréquents qui se rapprochent presque de certains symptômes de cette étude!

Est-ce ce que l’avenir nous réserve dans 20 ou 30 ans? Faut pas paranoïer, mais le questionnement est légitime…

Pour cacher son désarroi face à  la violence de sa propre espèce, l’Homme refuse de reconnaître celle des animaux. Pourtant, la compréhension du comportement animal serait peut-être un début de sagesse.

[...]

L’instinct de conservation de chaque individu supplante l’instinct de préservation de l’espèce. Le manque d’espace provoque le stress et empêche la reproduction.

Malgré la nourriture normale et abondante, les rats vont se livrer au cannibalisme et l’activité sexuelle est réduite à  sa plus simple expression: le viol. L’instinct de maternité est inhibé: la femelle piétine ses petits, les abandonne ou les dévore. Souvent, elle ne peut supporter la maternité et meurt.

Ratopolis

Du soleil plein la tête

Joel: I don’t know. What if it breaks?
Clementine: What if? Do you really care right now?

Come back and make up a good-bye at least. Pretend we had one.

Difficile de décrire cet extrait sans dévoiler la fin du film Eternal Sunshine of the Spotless Mind. Eh oui, toujours cette fâcheuse habitude chez moi d’idolâtrer les fins de films ou de livres… Comme c’est un film que je suggère fortement, cessez votre lecture ici. Profitez-en donc pour aller le louer (ou l’acheter) aujourd’hui même, visionnez-le aujourd’hui même et ainsi, vous pourrez lire aujourd’hui même la suite de ce billet!

Il s’agit sans doute de la plus simple, la plus vraie et la plus rationnelle déclaration d’amour à  ma connaissance. Un mot. Un seul. Étrangement, cela la rend aussi passionnée dans sa simplicité désarmante. Il n’y a pas d’artifice, c’est même assez triste. Mais c’est aussi un beau geste d’acceptation, d’abandon, de confiance en l’avenir avec l’autre.

Dans toute relation, il y a des mauvais côtés; l’amour, ce n’est pas de les nier ou de s’en laisser submerger. L’amour, c’est consentir à  ce que les bons moments éclipsent les mauvais.

Moi qui semble pourtant assez fleur-bleue et qui pleure presque en lisant Manon Lescaut (comble du romantisme fanatique aveugle), j’avoue avoir été probablement plus touché par la déclaration courte, pleine de réalisme et d’honnêteté, du personnage de Joel Barish. Il y a cette conscience que la glace peut briser à  tout moment, mais n’est-ce pas justement ce qui la rend si précieuse et en fait sa valeur? Lire la suite…

C’était une de ces journées grises

Cet extrait du film Beauté Américaine a parfois été parodié, ou jugé quétaine -autant que le weirdo qui le dit- même si je crois que c’est l’une des meilleures description de Dieu entendue au cinéma. Un extrait qui accentue un détail vraiment important pour quelqu’un et qui semble anodin pour tous les autres.

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Tu veux que je te montre la plus belle chose que j’ai jamais filmée?

C’était une de ces journées grises… où il va se mettre a neiger d’une minute à  l’autre… et qu’il y a comme de l’électricité dans l’air… Tu peux presque l’entendre, tu vois? Et ce sac était là , en train de danser avec moi… comme un enfant qui m’invitait à  jouer avec lui… pendant 15 minutes.

C’est là  que j’ai compris qu’il y avait autre chose, au-delà  de l’univers, plus loin que la vie. Je sentais cette force incroyablement bienveillante qui me disait qu’il n’y a aucune raison d’avoir peur, jamais.

Sorties du contexte ces images n’ont aucun sens, je sais mais… Ca m’aide à  m’en souvenir. J’ai besoin de m’en souvenir. Et parfois je me dis qu’il y a tellement de beauté dans le monde que c’en est insoutenable et mon coeur est sur le point de s’abandonner.

- Ricky Fitts, American Beauty

Discours de la servitude volontaire

Un double billet de l’école des mots, pourquoi pas!  Ne sachant trop si c’est le livre que je cite, ou bien le film qui cite le livre, je le place dans les deux sous-catégories.  Voici donc, sans autre introduction:

La première raison pourquoi les hommes servent volontiers est ce qu’ils naissent serfs et sont nourris tels. De celle-ci en vient une autre, que aisément les gens deviennent sous les tyrans lâches et efféminés.

Le peuple, dès lors qu’il est assujetti, tombe soudain en un tel et si profond oubli de la franchise qu’il n’est pas possible qu’il s’éveille pour la ravoir.  Il se met à  servir si franchement et tant volontiers qu’on dirait à  le voir qu’il a non pas perdu sa liberté mais gagné sa servitude.  Il est vrai qu’au commencement, on sert contraint et vaincu par la force, mais ceux qui viennent après, n’ayant jamais vu la liberté et ne sachant ce que c’est servent sans regret et font volontiers ce que leurs devanciers avaient fait par contrainte.

Les hommes nés sous le joug, nourris et élevés dans le servage, se contentent de vivre comme ils sont nés.  Ils prennent pour leur nature l’état de leur naissance.

- Étienne de La Boétie, Discours de la servitude volontaire

Le revolver, Colonel

Scent of a Woman (ou Parfum de Femmes en v.f.) comporte à  mon sens la meilleure performance de Pacino, surpassant même The Godfather où je ne l’ai pas trouvé exceptionnel (honte sur moi). Le film comporte également un monologue de fin mémorable, bien que difficilement justifiable, mais c’est une autre histoire.

Je ne vais pas retranscrire la fin, pour faire changement! Je vais plutôt retranscrire une autre scène très poignante, celle où Charlie (Chris O’Donnell) -ayant un doute- rebrousse chemin, après que Frank Slade (Al Pacino) lui ait demandé d’aller chercher quelques petits trucs pour lui…

Ça risque d’être un peu long, désolé! Passez votre route si vous n’aimez pas trop les retranscriptions de dialogues, les autres, savourez! Ça va comme suit: Lire la suite…

Continuer à respirer

J’ai un peu de temps cette semaine (tiens donc!) pour écouter des films, retranscrire des textes ou écrire sur ce blog. Alors le croirez-vous, j’écoute des films, je retranscris des textes et j’écris sur ce blog. Entre autre, évidemment!

Voici un extrait de film, pas mal du tout, de Robert Zemeckis et scénarisé par William Broyles Jr. Cast Away, qu’il s’appelle, ou Seul au monde en version française dont l’extrait suit à l’instant. Et un petit bout de la trame musicale!

Encore une fois soyez prévenus, j’ai cette fâcheuse tendance à piger mes extraits favoris dans les fins de films ou de livres…
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À l’ombre de Shawshank

Il fallait bien que j’en parle un jour ici. Shawshank Redemption est mon film favori. À mon avis, certains films sont littéralement des expériences de vie en accéléré. C’est fou ce qu’on peut apprendre -comprendre- en moins de deux heures parfois. Ce film a changé ma vie. Littéralement. L’espoir, l’amitié, la persévérance, le stoïcisme… Et surtout, de quoi s’évade-t-on quand la véritable prison est… soi-même?

J’en fais donc fièrement mon premier billet de la nouvelle sous-catégorie Films de l’école des mots, après avoir touché à  la poésie, aux paroles de chansons et aux extraits de livres… Le transcrire sera chose aisée puisque je connais la totalité de ce film par coeur (version doublée au Québec), l’ayant enregistrée sur support audio quand j’avais 15 ans pour l’écouter en boucle chaque soir! Ouep, j’ai toujours été pas mal bizarre! J’y vais donc de mémoire, mais je me fais confiance…

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