Je m’étonne toujours un peu que ceux qui placent le rire sur la frontière de la morale se surprennent qu’on fouille leurs intentions à la douane de l’éthique.

C’est pourtant simple: ce qui fait rire, même jaune, n’est pas nécessairement comique. Ce qui est drôle n’est pas non plus implicitement anodin.

L’éclat de rire n’est pas la jauge de l’inoffensif. Ça me semble d’une évidence élémentaire.


Questions rhétoriques:

  • un vieillard qui glisse sur le trottoir l’hiver peut provoquer le rire; est-ce cependant « comique »?
  • entarter Stephen Hawking pourrait aussi faire rire; est-ce pour autant anodin?
  • on raconte aussi que Vlad Tepes rigolait beaucoup de voir les gens empalés devant lui car ils convulsaient comme des grenouilles; était-il plus « open » que nous?

A-t-on la « couenne » plus dure parce qu’on est capable de rire des choses douteuses?
Et si c’est le cas, ceux qui ont la couenne molle sont-ils dans le tort?

La majorité trace-t-elle la ligne?

Je crois malsain que la tolérance au « cheap » des uns doive niveller par le bas l’outrance des autres.

Dire qu’un enfant handicapé est laid peut faire rire dans les faits; c’est peut-être même vrai… mais Socrate rajouterait que ce n’est ni bon, ni utile.