Un mec, il meurt, dans le métro, ici à Los Angeles.
Tu crois qu’on le remarquera?
- Vincent, Collatéral
Samedi, vers 14h. Dans une ruelle du quartier Rosemont, Montréal. Plein soleil dehors, après un début de mois particulièrement pluvieux.
Une alarme retentit. Déjà, ça prend un 2 minutes à la remarquer. À la distinguer d’une alarme d’automobile ou de maison. Les fausses alarmes sont si fréquentes dans les grandes villes. Ça énerve un peu, comme un moustique qui tente d’établir son domicile dans votre oreille. Puis ça s’oubli. On continue tranquillement de vaquer à ses occupation (comme surfer sur le web, tout simplement).
On se dit que si c’est important, quelqu’un d’autre va réagir. Mais pas nous.
Plus tard, en allant se chercher un cola dans le frigo, on voit des policiers dans l’escalier du duplex d’en arrière. Alors là, étrangement, on devient plus curieux. On sort sur le balcon, en trouvant une excuse pour écouter (s’intéresser soudainement aux cumulonimbus semble un prétexte valable).
C’est là qu’on apprend qu’un cambriolage a eu lieu. À 14h, un samedi après-midi, plein soleil. Juste derrière chez-soi. Le mec est entré par l’arrière, certain qu’on ne le verrait probablement même pas. Il a fait sa besogne, l’alarme dans les oreilles de tout un quartier pourtant réveillé. Puis il est ressorti par l’avant en prenant soin de verrouiller la porte.
On aurait pu réagir. Mais on ne l’a pas fait. Les affaires des autres ne nous regardent pas.
Et si c’est important, quelqu’un d’autre réagira.
Non!?
Un mec, il meurt, dans le métro, ici à Los Angeles.
Tu crois qu’on le remarquera?
