La monstruosité de la détresse (ou la déroute sans frein)

J’ai peu de temps ces jours-ci pour bloguer. Même si les idées me manquent également en général, j’ai quelques thèmes que je voudrais aborder parfois et qui me glissent de la tête, faute de temps et de rigueur pour les écrire.

Heureusement, parfois la vie fait que la synthèse et le message est apporté par une autre personne, presque exactement comme on la remuait soi-même.

Ce matin à Puisqu’il faut se lever, la chronique de la doc Laberge “Ces hommes en détresse” faisait écho au suicide de Denis Philippon.

Hier, en voiture, j’écoutais l’émission comme chaque matin et le chroniqueur judiciaire Claude Poirier affirmait n’avoir aucune pitié pour ce genre de gestes égoïstes. Même si je ne pardonne pas non plus l’acte, je crois qu’il faut faire preuve cependant, socialement, d’une ouverture d’esprit plus grande que de simplement s’outrer. Il faut chercher plus loin que le blasphème comme réaction.

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Quatuor de citations XIX

Voilà, j’ai terminé le livre Ce que le jour doit à la nuit de Y. Khadra avant-hier.

Cela m’a pris plus de temps que d’habitude, car bien que la plume est exquise (ce 3e Quatuor tiré d’un même livre en est la preuve!) l’atmosphère y est cependant très lourde, émotionnellement épuisante. Voilà pourquoi je ne pouvais lire plus d’une vingtaine de page à la fois, car l’histoire (surtout dans sa seconde moitié) me donnait l’impression d’un ami qui se plaint continuellement.

Comme la vie m’aura appris qu’offrir de l’aide -comme en recevoir- n’est une obligation pour personne mais plutôt une certaine forme de faveur, de bonté… les séances envers ce livre furent quelque peu distancées dû à la lourdeur du processus.

Mais bon, puisque les mots y sont sublimement agencés, voici donc quatre nouvelles citations:

À quatre-vingts ans, notre avenir est derrière. Devant, il n’y a que le passé.

Ouch! Dur à lire! Je crois cependant que la lucidité est une qualité essentielle dans la vie. Dans ce contexte, se rendre à l’évidence est salutaire. Et si c’est fait dans la sérénité, j’imagine que ce n’est pas nécessairement négatif.

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Quatuor de citations XVIII

Toujours tiré du même livre qui enjolive ma table de chevet ces jours-ci: Ce que le jour doit à la nuit, de Yasmina Khadra. Pas encore terminé. Et déjà un second quatuor de citations. C’est bon signe!

Quand on ne trouve pas de solution à son malheur, on lui cherche un coupable.

N’est-ce pas là le dernier recours de la passion sur la raison; trouver une logique implacable qui justifierait d’un seul coup l’ensemble de son malheur. J’attends de lire la suite pour voir ce que le personnage cherchera après si, comme souvent, il ne trouve pas de coupable…

La vie sourit toujours à celui qui sait lui rendre la monnaie de sa pièce.

Bien décrit! Dit comme ça, elle nous parait déjà plus tangible, plus amicale, plus fair-play. Ça s’appelle aussi se relever quand elle nous envoie au tapis. Ça s’appelle se présenter le jour d’après, et pourquoi pas par le siège tiens, quand elle croit nous avoir enfermé pour de bon. Surprendre la vie! Concept intéressant.

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Le braconnier


À ces quelques amis
auxquels je pense plus souvent qu’ils ne croient
que j’aurai la délicatesse -comme le regret-
de ne pas nommer.

Aquarium

J’arrive sans prévenir, puis je sonne. Je cogne, en hâte. J’insiste. Pour prendre la gêne par surprise… Car une seule seconde de réflexion enferme trop souvent avec elle les refus immuables. Je frappe encore; aujourd’hui l’huître ne se refermera pas.

À peine m’as-tu ouvert et avant qu’aucune parole ne soit dite, je te serre très fort dans mes bras. Pour surprendre. Pour couper les phrases vides ou les excuses machinales. Longtemps. Car dans un silence à deux, cinq secondes est une éternité, pas vrai? Et pourtant, il n’est rien comparé au silence de ton isolement, et je le sens.
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Trop vite

Le temps. Il va trop vite.

Wait…

Les choses par lesquelles on mesure une vie

Bien qu’étant somme toute ordinaire, le film A Civil Action avec John Travolta possède l’une des meilleures finales, à mon sens. Percutante même: littéralement un coup de poing dans les valeurs morales.

Pour faire une histoire courte de ce fait vécu: Travolta y joue le rôle de l’avocat ayant représenté les familles d’une ville du Massachusetts dont l’eau était contaminé au trichloréthylène, et qui causa la mort par Leucémie de plusieurs enfants. Le procès s’étire et croule sous le poids des grandes compagnies responsables de ces déversements chimiques. En fin de compte, une entente survient mais ruine totalement le personnage joué par Travolta, qui ne retire aucun honoraire.

La dernière scène le montre devant une juge qui évalue (je présume) son inévitable faillite. Voici la scène:
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Quatuor de citations XVII

Pour Noël, ma conjointe m’a offert un livre en cadeau dont je n’avais pas entendu parler. C’était un “guess” comme on dit. Il s’appelle Ce que le jour doit à la nuit, de Yasmina Khadra. Après presque 120 pages, je peux déjà dire qu’elle est bien tombée, car la prose et le genre se rapprochent des Cerfs-Volants de Kaboul que j’avais bien aimé.

En preuve, ces quatre extraits (c’est un quatuor de citations, après tout, non!?)

- […] La vie est un apprentissage permanent; plus on croit savoir, moins on sait, tant les choses changent, et avec elles les mentalités.
- Je me débrouillerai…
- Je n’en doute pas, Issa. Pas une seconde. Sauf que les bonnes volontés exigent les moyens de leur détermination. Croire dur comme faire ne suffit pas.

J’ai souri en lisant la première partie de cet extrait qui se rapproche, à quelques virgules près, de ce que j’avais exactement dit dans mon précédent billet sur Richard Bergeron.

Quand à la seconde partie de la citation, elle est d’actualité et me fait étrangement penser à Haïti. Les bonnes volontés exigent les moyens de leur détermination. Comme dans bien des cas, les moyens ne peuvent arriver qu’à l’aide d’un coup de main d’autrui - dans ce cas-ci, nous tous…

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Les Archéologues
J’avais vécu de telle façon et j’aurais pu vivre de telle autre. J’avais fait ceci et je n’avais pas fait cela. Je n’avais pas fait telle chose alors que j’avais fait cette autre. Et après? […] Les autres aussi, on les condamnerait un jour. Lui aussi, on le condamnerait.

- Meursault, L’Étranger.

Ces derniers jours, les réseaux sociaux s’en donnaient à coeur joie sur Richard Bergeron, candidat défait à la mairie de Montréal hier. On reprenait tantôt ici, sa fameuse entrevue misogyne (datant de 10 ans tout de même) sur les voitures et tantôt là, sa théorie du complot sur le 11 septembre.

Ce matin à l’émission radiophonique de Paul Arcand, Puisqu’il faut se lever, une remarque faite par l’approximative Denise Bombardier lors de sa chronique m’a piqué. La goutte qui fait déborder le vase, j’imagine.

C’était au sujet d’un Xe “scandale” passé (encore) de M. Bergeron, d’une question ou d’une déclaration qu’il aurait faite… En effet, peu avant la chronique, le candidat défait était lui-même en entrevue et il mentionnait qu’il souhaitait qu’on cesse de ramener continuellement ses déclarations passées.

Elle mentionnait (de mémoire, j’écoutais d’une oreille) que les propos tenus par M. Bergeron ne pouvaient simplement pas être oubliés ou pardonnés, qu’il faut assumer toute sa vie les conséquences des déclarations que l’on fait. Un concept du genre. Et là j’ai éclaté intérieurement.
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Quatuor de citations XVI

Ça faisait longtemps depuis le dernier quatuor, désolé…

Pour celui-ci, deux grands thèmes: l’éducation… et l’altruisme. Allons d’abord pour le second thème:

On comprend peu les gens quand on les juge sans cesse.

- Marie-Claire Blais (Vivre ! Vivre !)

Bien dit! J’ai toujours pensé que la meilleure définition “d’anormal” représente en fait tout ce qui est simplement différent de nous… Comprendre l’autre relève d’abord d’une ouverture d’esprit en premier lieu, mais surtout je crois, d’efforts et d’humilité.

Dans le même ordre d’idées…

On excelle tous à régler les affaires d’autrui

- Félix Leclerc

Dieu que c’est vrai! C’est si simple de trouver comment arrêter de fumer quand on est non-fumeur. De résoudre le problème du trafic de la banlieue quand on habite la métropole… Ou de trouver la solution miracle au deuxième trio du Canadiens quand on est à la radio.

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Au fer rouge de la Cour

Fils de Bourreau - couverture

La paternité change la perspective… Depuis bientôt 16 mois que j’ai un fils, il y a de ces images, de ces histoires qui m’arrivent en pleine gueule, de celles-là même qu’il y a à peine deux ans ne m’auraient pas autant affecter il me semble. Devenir parent décuple notre sensibilité envers les autres enfants. Du moins en ce qui me concerne…

L’image de ce billet provient de la couverture du livre Fils de Bourreau de Patrick Gosselin. C’était le jeune homme qui fut en vedette dans le film de Paul Arcand, Les voleurs d’enfance. Quand j’ai vu cette image, elle m’est entrée dans la gorge et est restée coincée. J’ai dû demeurer immobile pendant un long 10 secondes, hypnotisé, complètement figé. Juste la couverture brouillait presque ma vue. J’ai finalement pris le livre pour voir de quoi il s’agissait. C’était surréel; j’étais en train de magasiner et j’avais laissé la maman avec mon fils à la maison à peine 20 minutes plus tôt, souriant, avec un gros câlin. J’avais encore l’écho de son fameux rire dans les oreilles (un rire qui, j’en suis sûr, pourrait arrêter des guerres) et voilà que cette couverture de livre me ramenait à la dure réalité du vrai monde. Le vrai monde qui possède ses deux côtés d’une médaille qu’on préfère souvent ne pas retourner.

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Vendredi noir

Where were you while we were getting high?
- Champagne Supernova

Noel Gallagher, le seul, le grand, The Chief, vient de quitter Oasis, mon groupe fétiche

Déclaration de Noel Gallagher - quitte Oasis
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Recto-verso d’une histoire en lambeaux

L’homme qui ajuste sa lentille
pour capturer l’instant parfait de sa souffrance
était aussi un prédateur, un vautour de plus dans les parages

- quotidien St.Petersburg Times

Je vois mon père en cet enfant qui souffre.
Et le reste du monde est le vautour.

- Megan Carter

Pulitzer 1994 - enfant affamé et vautour

La photographie ci-haut a valu à son auteur le prix Pulitzer de photographie journalistique en 1994. Il s’agit d’une fillette soudanaise affamée, rampant vers un centre de distribution alimentaire de l’ONU, dont un vautour guette les derniers moments.

En soit, la photographie est déjà assez dérangeante, voire choquante. L’histoire derrière l’est encore plus. Puis l’autre histoire derrière la première… encore plus.

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