Le temps. Il va trop vite.
Wait…
Le temps. Il va trop vite.
Wait…
Bien qu’étant somme toute ordinaire, le film A Civil Action avec John Travolta possède l’une des meilleures finales, à mon sens. Percutante même: littéralement un coup de poing dans les valeurs morales.
Pour faire une histoire courte de ce fait vécu: Travolta y joue le rôle de l’avocat ayant représenté les familles d’une ville du Massachusetts dont l’eau était contaminé au trichloréthylène, et qui causa la mort par Leucémie de plusieurs enfants. Le procès s’étire et croule sous le poids des grandes compagnies responsables de ces déversements chimiques. En fin de compte, une entente survient mais ruine totalement le personnage joué par Travolta, qui ne retire aucun honoraire.
La dernière scène le montre devant une juge qui évalue (je présume) son inévitable faillite. Voici la scène:
(suite…)
Pour Noël, ma conjointe m’a offert un livre en cadeau dont je n’avais pas entendu parler. C’était un “guess” comme on dit. Il s’appelle Ce que le jour doit à la nuit, de Yasmina Khadra. Après presque 120 pages, je peux déjà dire qu’elle est bien tombée, car la prose et le genre se rapprochent des Cerfs-Volants de Kaboul que j’avais bien aimé.
En preuve, ces quatre extraits (c’est un quatuor de citations, après tout, non!?)
- […] La vie est un apprentissage permanent; plus on croit savoir, moins on sait, tant les choses changent, et avec elles les mentalités.
- Je me débrouillerai…
- Je n’en doute pas, Issa. Pas une seconde. Sauf que les bonnes volontés exigent les moyens de leur détermination. Croire dur comme faire ne suffit pas.
J’ai souri en lisant la première partie de cet extrait qui se rapproche, à quelques virgules près, de ce que j’avais exactement dit dans mon précédent billet sur Richard Bergeron.
Quand à la seconde partie de la citation, elle est d’actualité et me fait étrangement penser à Haïti. Les bonnes volontés exigent les moyens de leur détermination. Comme dans bien des cas, les moyens ne peuvent arriver qu’à l’aide d’un coup de main d’autrui - dans ce cas-ci, nous tous…
J’avais vécu de telle façon et j’aurais pu vivre de telle autre. J’avais fait ceci et je n’avais pas fait cela. Je n’avais pas fait telle chose alors que j’avais fait cette autre. Et après? […] Les autres aussi, on les condamnerait un jour. Lui aussi, on le condamnerait.
- Meursault, L’Étranger.
Ces derniers jours, les réseaux sociaux s’en donnaient à coeur joie sur Richard Bergeron, candidat défait à la mairie de Montréal hier. On reprenait tantôt ici, sa fameuse entrevue misogyne (datant de 10 ans tout de même) sur les voitures et tantôt là, sa théorie du complot sur le 11 septembre.
Ce matin à l’émission radiophonique de Paul Arcand, Puisqu’il faut se lever, une remarque faite par l’approximative Denise Bombardier lors de sa chronique m’a piqué. La goutte qui fait déborder le vase, j’imagine.
C’était au sujet d’un Xe “scandale” passé (encore) de M. Bergeron, d’une question ou d’une déclaration qu’il aurait faite… En effet, peu avant la chronique, le candidat défait était lui-même en entrevue et il mentionnait qu’il souhaitait qu’on cesse de ramener continuellement ses déclarations passées.
Elle mentionnait (de mémoire, j’écoutais d’une oreille) que les propos tenus par M. Bergeron ne pouvaient simplement pas être oubliés ou pardonnés, qu’il faut assumer toute sa vie les conséquences des déclarations que l’on fait. Un concept du genre. Et là j’ai éclaté intérieurement.
(suite…)
Ça faisait longtemps depuis le dernier quatuor, désolé…
Pour celui-ci, deux grands thèmes: l’éducation… et l’altruisme. Allons d’abord pour le second thème:
On comprend peu les gens quand on les juge sans cesse.
- Marie-Claire Blais (Vivre ! Vivre !)
Bien dit! J’ai toujours pensé que la meilleure définition “d’anormal” représente en fait tout ce qui est simplement différent de nous… Comprendre l’autre relève d’abord d’une ouverture d’esprit en premier lieu, mais surtout je crois, d’efforts et d’humilité.
Dans le même ordre d’idées…
On excelle tous à régler les affaires d’autrui
- Félix Leclerc
Dieu que c’est vrai! C’est si simple de trouver comment arrêter de fumer quand on est non-fumeur. De résoudre le problème du trafic de la banlieue quand on habite la métropole… Ou de trouver la solution miracle au deuxième trio du Canadiens quand on est à la radio.

La paternité change la perspective… Depuis bientôt 16 mois que j’ai un fils, il y a de ces images, de ces histoires qui m’arrivent en pleine gueule, de celles-là même qu’il y a à peine deux ans ne m’auraient pas autant affecter il me semble. Devenir parent décuple notre sensibilité envers les autres enfants. Du moins en ce qui me concerne…
L’image de ce billet provient de la couverture du livre Fils de Bourreau de Patrick Gosselin. C’était le jeune homme qui fut en vedette dans le film de Paul Arcand, Les voleurs d’enfance. Quand j’ai vu cette image, elle m’est entrée dans la gorge et est restée coincée. J’ai dû demeurer immobile pendant un long 10 secondes, hypnotisé, complètement figé. Juste la couverture brouillait presque ma vue. J’ai finalement pris le livre pour voir de quoi il s’agissait. C’était surréel; j’étais en train de magasiner et j’avais laissé la maman avec mon fils à la maison à peine 20 minutes plus tôt, souriant, avec un gros câlin. J’avais encore l’écho de son fameux rire dans les oreilles (un rire qui, j’en suis sûr, pourrait arrêter des guerres) et voilà que cette couverture de livre me ramenait à la dure réalité du vrai monde. Le vrai monde qui possède ses deux côtés d’une médaille qu’on préfère souvent ne pas retourner.
Where were you while we were getting high?
- Champagne Supernova
Noel Gallagher, le seul, le grand, The Chief, vient de quitter Oasis, mon groupe fétiche…
L’homme qui ajuste sa lentille
pour capturer l’instant parfait de sa souffrance
était aussi un prédateur, un vautour de plus dans les parages
- quotidien St.Petersburg Times
Je vois mon père en cet enfant qui souffre.
Et le reste du monde est le vautour.
- Megan Carter

La photographie ci-haut a valu à son auteur le prix Pulitzer de photographie journalistique en 1994. Il s’agit d’une fillette soudanaise affamée, rampant vers un centre de distribution alimentaire de l’ONU, dont un vautour guette les derniers moments.
En soit, la photographie est déjà assez dérangeante, voire choquante. L’histoire derrière l’est encore plus. Puis l’autre histoire derrière la première… encore plus.
Le Diable se cache dans les détails
- proverbe
A partir du moment où l’éducation doit servir surtout à former les “ressources humaines” qualifiées et flexibles dont les entreprises ont besoin, la logique marchande et financière du capital privé n’a pas tardé à s’imposer, de plus en plus de manière directe, dans la définition des finalités et des priorités de l’éducation.
- Ricardo Petrella, L’Education, victime de cinq pièges
J’ai lu ce billet-ci de Daniel Rondeau à sa publication, il y a de ça près de 4 mois. Depuis, il me hante. Principalement parce que je suis mitigé face à cette aventure. Une partie de moi bouillait de rage à la lecture de ce récit, sans pouvoir trouver la cause exacte. Une autre partie de moi, évidemment, penchait pour la défense du professeur. Ce soir, je crois pouvoir mettre le doigt sur le bobo.
Je dirai d’entrée de jeu que je suis un grand fanatique du blogue de Daniel Rondeau; c’est d’ailleurs parce que je l’avais ajouté à mon Google Reader que je pouvais lire ses billets au moment de leur publication. Cependant, je me permettrai ici d’être l’avocat du diable en partie parce que, bien qu’étant sur le marché du travail depuis plus de sept ans, je suis une mouture relativement récente des affres du CÉGEP et je me suis senti interpellé.
Je me permettrai aussi d’ajouter mon grain de sel à cette histoire car, tout en ayant déjà fait preuve d’humilité face à la langue française, j’ai aussi livré quelques batailles pour la Cause. En tout temps lorsque je rédige un billet, j’ai d’ailleurs ces trois fenêtres ouvertes.
Jeudi prochain, il y a maintenant 10 ans… arrivait la seule et unique dans ma vie.
Cela fait donc une décennie! Plus du tiers de ma vie! Au figuré, c’est bien plus qu’une “page” dans le livre de nos vies; plus qu’un chapitre, même… C’est tout un tome!
Le titre de ce billet vous surprendra peut-être, car j’avais déjà expliqué il n’y a pas si longtemps mes états d’âmes sur le mariage, et ceux-ci dans l’ensemble n’ont pas changés. Je pense toujours la même chose de la duperie d’un mariage religieux (étant agnostique) et la froideur d’un Palais de justice me rebute toujours.
Mais il demeure que je suis également un grand timide romantique. Malheureusement, j’ignore quel qualificatif l’emporte sur l’autre. Peut-être qu’au fond, c’est la terrible gêne des grandes cérémonies publiques qui me bloque le plus. Alors je me suis dis qu’à défaut de faire une véritable marche nuptiale dans une cathédrale, la petite chapelle de pixels qu’est ce blogue, tout au bout de l’autoroute de l’information, ferait une bonne répétition. Et pourquoi pas, tiens, je prends Google à témoin. De toutes façons, étant meilleur par écrit, mon discours devrait s’en porter mieux offert d’ici, où je me sens à l’aise et confortable.
Les plus conventionnels d’entre vous lèverons peut-être le nez sur ce principe un peu chiche de “noces de pixels” que mon courage, pourtant, vous présente ici bravement. Eh bien: Amen. Qu’il en soit ainsi: ayez le dédain rapide et partez vite car de toutes façons, celle que je désire le plus toucher avec ce discours me connaît bien. Notre petit monde hermétique à nous en a déjà étonné plus d’un avant vous! C’est un univers rempli d’éclateurs à maïs et de lampes Ikea, où l’intention et la symbolique l’emportent toujours sur l’apparence et le dogme, et dont plusieurs ne peuvent saisir toutes les subtilités.
Et c’est tout en subtilité d’ailleurs, pour ceux qui veulent rester à cette cérémonie, que je débuterai ce discours…
(suite…)
Je peux comprendre qu’un petit enfant pleure s’il tombe.
Je peux comprendre qu’une mère soit heureuse quand son fils revient de guerre.
Je peux même comprendre qu’un vieillard n’aime pas marcher dans un cimetière.
Mais je ne peux pas comprendre vos mathématiques…
Est-ce que ça veut dire que je ne suis pas intelligent?
C’était à la fin juin 1997. J’étais dans le gymnase du collège, entouré des futurs finissants de 5e secondaire, pour les examens de fin d’année. Il faisait chaud et je me faisais chier devant mon test de Mathématiques 536. Comme pour confirmer le sentiment général qui m’envahissait les mois d’avant, j’étais penché sur des problèmes auxquels je ne comprenais toujours rien. Je voyais les autres collègues taponner sur leur calculatrice, l’air concentré. Alors de temps en temps je prenais la mienne, pour faire comme si, et je taponnais dessus.
Mon plus grand calcul de cette séance d’examen fut d’ailleurs le mot SOLEIL écrit à l’envers, en chiffres. 713705. Puis je prenais mon crayon et je me grattais la tête pour avoir l’air songeur. La vérité était que j’étais mort de trouille. De trouille et de honte, à l’idée de couler un premier examen final à vie. Sauf pour l’éducation physique, j’avais toujours su me tenir dans la moyenne haute (ou tout le moins la moyenne générale) au long de mes études.
À 20 minutes de la fin du test, j’ai pris mon crayon et suis allé à la dernière page de l’examen, sarcastiquement titrée “démonstration”. Elle servait à obtenir quelques points de sauvetage, lorsque la réponse à une question était mauvaise, mais que la réflexion avait un certain sens.
Puis j’ai écrit les cinq phrases citées au début de ce billet. J’ai rangé mes choses, me suis levé, ai remis ma copie, puis suis sorti le premier.